Fac Verte Rouen

Blog de l'association écolo universitaire Fac Verte de Rouen

01 mars 2008

Réponse de Valérie Fourneyron sur l'avenir de l'ancienne école d'infirmière

Vous trouverez, ci-dessous, la réponse que j’ai apportée à l’association Fac Verte suite à leur courrier relatif au devenir de l’ancienne école d’infirmières.

Je souhaite répondre à votre interpellation sur l’avenir de l’ancienne école d’infirmières rue des Forgettes à Rouen, avec clarté et avec force.

Ce bâtiment, très bien situé à proximité du centre-ville, représente une surface foncière substantielle de 10 000m² après aménagements. Le CHU, propriétaire, l’a mis en vente il y a quelques mois. Sa valeur a été estimée à 4 millions d’euros par le service des Domaines.

Le CROUS, en partenariat avec Habitat 76 et le Département de Seine-Maritime, y a vu une opportunité évidente de réaliser une opération de construction de 200 logements étudiants et 60 logements sociaux, répondant aux critères environnementaux HQE et dont les loyers resteront modérés. Vous le savez comme moi, les chiffres indiquent clairement que la ville de Rouen, qui subit l’inflation du marché locatif, se situe très en dessous de la moyenne nationale en matière de logement social étudiant, ceci est particulièrement vrai depuis que les facultés de médecine, de droit, d’économie et de gestion, et l’espace régional de formation des professions de la santé se sont installés en centre ville. L’offre est aujourd’hui supérieure à la demande à Mont Saint Aignan alors qu’elle est très insuffisante au coeur de Rouen : seuls 195 logements sont disponibles alors qu’il en faudrait au moins 1000, favorisant marchands de sommeil avec des logements insalubres et étudiants aisés.

En parallèle, des promoteurs privés ont exprimé leur intérêt pour cet ensemble immobilier de premier choix. Le choix de la Mairie se serait porté sur Bouygues, qui souhaite y construire 150 logements haut-de-gamme et 30 logements sociaux bénéficiant de dispositifs de défiscalisation (« Borloo populaire »).
Il est évident que face à la puissance financière de Bouygues, le CROUS pourra difficilement suivre les enchères. Les responsables du CROUS et d’Habitat 76 ont donc demandé l’intervention de la Ville, qui détient une carte maîtresse : elle a le droit de préempter – c’est à dire d’acheter en priorité en vue d’une opération d’intérêt général – ce bâtiment. Autrement dit, elle a le pouvoir de rendre le projet du CROUS possible en rachetant le terrain et en le lui revendant pour le prix proposé.

La réponse actuelle du Maire est la suivante : « la différence de l’offre entre Bouygues et le CROUS représente une somme substantielle qui permettra au CHU de combler ses déficits financiers. Il n’est donc pas du ressort de la collectivité de choisir entre ces deux sujets d’intérêt général : le déficit du CHU et le logement étudiant. »

Je suis en désaccord avec cette position, et la dénonce vigoureusement. Trois points méritent d’être soulignés :
 décider de ne pas trancher, c’est trancher de fait. Ne pas utiliser le droit de préemption revient à laisser faire le marché, donc à favoriser les promoteurs privés.

 la situation financière de l’hôpital public français est dénoncée depuis des mois par la Fédération Hospitalière de France, du fait de l’insuffisance des crédits qui y sont consacrés dans les derniers projets de loi de financement de la sécurité sociale et la situation ne va malheureusement pas s’améliorer en 2008. Le CHU de Rouen ne déroge pas à cette réalité.
Mais là n’est pas la question car ce n’est pas à la Ville de combler ces déficits mais à l’État, les hôpitaux relèvent de la compétence de ce dernier. Établir un dilemme entre les déficits du CHU et le déficit de logements sociaux étudiants fausse le débat, il s’agit de deux sujets différents, les acteurs et les compétences en jeu sont bien distincts. J’ajoute que les offres du CROUS et de Bouygues ne sont pas très éloignées et tournent aujourd’hui toutes deux autour de 4 millions d’euros : le « manque à gagner » pour le CHU serait donc limité.

 le droit de préemption est un outil essentiel du code de l’urbanisme : s’il existe c’est pour être utilisé ! La Ville a compétence sur l’aménagement du territoire, c’est même une de ses prérogatives les plus importantes. La maîtrise du foncier est la clé d’une politique urbaine efficace et intelligente. Se dessaisir de cette compétence est grave. Le devenir de l’ancienne école d’infirmières exige un véritable choix politique, qui pour moi est clair : il faut préempter et autoriser la construction de logements étudiants et sociaux. C’est pourquoi j’ai reçu personnellement le directeur du CROUS, M. Esquirol, le 30 novembre dernier, et suis intervenue auprès de Didier Marie, président du Conseil Général à la suite de ce rendez-vous. J’ai également publiquement pris position pour soutenir leur projet lors de la rencontre que j’ai organisée le 12 décembre avec Edmond Hervé, Maire de Rennes, en présence de vos représentants. C’est cette position que je défendrai lors de l’examen de ce dossier en Conseil d’Administration du CHU lorsqu’il sera inscrit à l’ordre du jour.

Restant à votre disposition, je vous encourage à poursuivre votre démarche de soutien à une meilleure prise en compte des étudiants à Rouen.

Le vendredi 14 décembre 2007.

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09 décembre 2007

Communiqué de presse du 09/12/07

Bouygues ou les étudiants,

Albertini doit choisir.

Le CROUS, en partenariat avec Habitat 76, souhaite pouvoir acheter l'ancienne école d'infirmière (rue des Forgettes) afin d'en faire 250 à 300 logements sociaux étudiant. En effet, d'autres projets privés visant à construire des bureaux ou des logements « haut de gamme » s'imposeront de manière certaine si la mairie de Rouen n'utilise pas son droit de préemption. En clair, Albertini doit choisir entre les étudiants ou Bouygues immobilier.

La situation du logement social étudiant à Rouen est particulièrement préoccupante dans une ville où étudie plus de 10 000 jeunes, seuls 195 logements sociaux sont proposés. Le CROUS estime que pour s'aligner sur la moyenne nationale, il faudrait 1000 logements ! Même avec la réalisation du projet de l'école d'infirmières (que Fac Verte exigera à Haute Qualité Environnementale) la ville de Rouen sera encore très loin du compte.

Fac Verte appelle les pouvoirs publics à prendre leur responsabilité et les étudiants à signer une pétition pour les leur rappeler. La crise du logement étudiant existe, sa solution doit occuper une place centrale dans la campagne municipale à venir. Fac Verte s'y engage.

Fac Verte vous invite à participer à une conférence de presse le 11 décembre 2007 à 15 heures devant l'école d'infirmière au 1, rue des Forgettes.

Nous aurons ainsi l'occasion de vous expliquer davantage le dossier et les actions que nous allons mener.

Contacts presse :
Eléonore DECK, Vice Présidente Etudiante du CROUS 06 64 25 40 12,

Marion POCHET, Administratrice du CROUS 06 08 14 84 51

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